Quel est le salaire d’un commissionnaire de transport ?
Chiffres officiels 2026, facteurs de rémunération et leviers pour progresser dans la profession
| L’essentiel à retenir : un commissionnaire de transport débutant perçoit en moyenne entre 22 405 € et 28 000 € brut par an, un profil expérimenté entre 38 300 € et 45 800 €. Le marché de l’emploi est dynamique : 4 420 offres déposées auprès de France Travail en un an pour seulement 1 100 demandeurs d’emploi, et une difficulté de recrutement jugée faible pour les entreprises. Un rapport de force plutôt favorable aux candidats qualifiés. |
Avant d’investir du temps et de l’argent dans la préparation d’un examen professionnel, une question revient toujours : combien gagne-t-on réellement, une fois en poste ? C’est une question légitime, et elle mérite une réponse précise, appuyée sur des données vérifiables plutôt que sur des estimations approximatives glanées ici ou là.
Le commissionnaire de transport organise et engage sa responsabilité sur des opérations de transport de marchandises pour le compte de ses clients. Un métier technique, réglementé, et dont la rémunération varie fortement selon l’expérience, le statut et la spécialisation. Voici ce que disent réellement les chiffres officiels.
Combien gagne un commissionnaire de transport en France en 2026 ?

Selon France Travail, 80 % des offres d’emploi publiées pour ce métier (répertorié sous l’intitulé Affréteur / Affréteuse, code ROME N1201) proposent un salaire brut mensuel compris entre 1 802 € et 2 800 €, données du premier trimestre 2026. C’est la source la plus fiable disponible, car elle s’appuie directement sur les offres réellement déposées par les employeurs, et non sur des déclarations spontanées de salariés.
Le site emploi Hellowork affine cette fourchette selon le niveau d’expérience du candidat, avec des écarts significatifs entre un profil qui débute et un profil confirmé :
Débutant
22 405 € à 25 200 € brut par an. Profil sans expérience significative, première prise de poste après l’obtention de l’attestation de capacité.
Expérimenté
38 300 € à 45 800 € brut par an. Plusieurs années d’expérience, portefeuille clients développé, souvent une spécialisation (international, fret aérien ou maritime).
Aucune grille salariale officielle n’encadre spécifiquement cette profession : chaque employeur fixe sa propre politique de rémunération, dans les limites du droit du travail et de la convention collective applicable à son secteur (transport routier, logistique, ou commerce selon l’activité de l’entreprise).
Le marché de l’emploi pour les commissionnaires de transport
Un chiffre de salaire ne dit rien du rapport de force réel entre candidats et employeurs. Sur ce point, les statistiques de France Travail sont particulièrement parlantes : sur les douze derniers mois, 4 420 offres d’emploi ont été déposées pour ce métier, contre seulement 1 100 demandeurs d’emploi ayant recherché ce poste sur la même période. Un ratio de plus de quatre offres pour un candidat.
Conséquence directe : France Travail et la DARES qualifient la difficulté de recrutement des entreprises sur ce métier de « faible », ce qui signifie concrètement que les entreprises peinent à pourvoir leurs postes. Un contexte favorable pour négocier sa rémunération une fois la capacité professionnelle en poche.
La répartition des embauches (source : Acoss & MSA, 3e trimestre 2025) montre par ailleurs un marché encore majoritairement précaire à l’entrée : 36 % des embauches se font en CDI, 38 % en CDD de moins d’un mois (souvent des missions d’intérim ou des remplacements), 17 % en CDD de 1 à 6 mois, et 8 % en CDD de plus de 6 mois. Un premier contrat court n’est donc pas rare et ne présage pas nécessairement d’une précarité durable dans ce secteur en tension.
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Les facteurs qui influencent la rémunération
Le statut pèse lourd dans la balance. Un commissionnaire salarié bénéficie d’une rémunération stable, encadrée par son contrat et éventuellement une convention collective, avec une progression prévisible liée à l’ancienneté. Un commissionnaire indépendant, à l’inverse, perçoit une rémunération directement indexée sur le volume d’affaires qu’il apporte et les marges qu’il négocie avec les transporteurs : le potentiel est plus élevé, mais beaucoup moins prévisible, en particulier les premières années d’activité.
La taille de l’entreprise joue également : une PME locale, avec un portefeuille clients restreint, n’offre généralement pas les mêmes grilles de rémunération qu’un groupe international du type Geodis, DB Schenker, Kuehne+Nagel ou Bolloré Logistics, qui disposent de politiques salariales plus structurées et de perspectives d’évolution interne plus larges.
La région d’exercice a un impact direct : les grands bassins logistiques (Île-de-France, Nord, région Rhône-Alpes, façade portuaire du Havre ou de Marseille) concentrent la majorité des offres et tirent généralement les rémunérations vers le haut, en raison d’une concurrence plus forte entre employeurs pour attirer les profils qualifiés.
La spécialisation reste le levier le plus structurant à moyen terme : transport international, fret aérien ou maritime, marchandises dangereuses (réglementation ADR), ou encore gestion de flux industriels complexes sont autant de segments à forte valeur ajoutée, mieux rémunérés que la gestion de flux généralistes. La maîtrise d’une ou plusieurs langues étrangères, en particulier l’anglais technique du secteur, est explicitement mentionnée par France Travail comme un prérequis pour les postes à dimension internationale, et constitue un vrai différenciant salarial.
Salarié ou indépendant : quelles différences de revenus ?

En tant que salarié, la trajectoire de rémunération est relativement lisible : un début de carrière dans la fourchette basse, une progression régulière avec l’ancienneté et la prise de responsabilités (encadrement d’équipe, gestion d’un portefeuille clients stratégiques), et un plafond qui dépend largement de la taille de l’entreprise et de la spécialisation choisie.
En indépendant, la logique change complètement : il n’y a plus de salaire fixe, mais une marge négociée sur chaque opération organisée. France Travail note d’ailleurs que ce métier « est le plus souvent exercé après plusieurs années d’expérience du métier d’exploitation et d’organisation des transports », ce qui explique pourquoi très peu de commissionnaires indépendants se lancent directement après l’examen : la réussite en indépendant repose sur un réseau de transporteurs et de clients déjà constitué, difficile à acquérir sans expérience préalable en entreprise.
Comment évolue la rémunération au fil de la carrière ?
La progression suit généralement trois paliers. Les deux à trois premières années sont consacrées à la montée en compétence opérationnelle : maîtrise des documents de transport, des incoterms, des procédures douanières, et constitution d’un premier portefeuille de contacts transporteurs. C’est la période où la rémunération se situe dans la fourchette basse identifiée par Hellowork.
Entre trois et sept ans d’expérience, le commissionnaire devient autonome sur des dossiers complexes et commence à être sollicité pour des opérations à plus forte valeur ajoutée. C’est également à ce stade que France Travail situe l’accès possible à des postes d’affréteur ou de responsable d’exploitation, souvent via la promotion interne plutôt que par recrutement externe.
Au-delà de sept à dix ans, deux trajectoires se dessinent : l’évolution vers des postes d’encadrement (responsable d’agence, direction des opérations) au sein d’un groupe structuré, ou le passage à l’indépendance avec un réseau de clients et de transporteurs suffisamment solide pour générer un volume d’affaires stable.
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Comment augmenter son salaire de commissionnaire de transport ?
Le premier levier, et de loin le plus déterminant, reste l’accès à la profession elle-même : sans l’attestation de capacité professionnelle obtenue à l’examen CCI (ou par équivalence), impossible d’exercer en tant que commissionnaire de transport. C’est un prérequis légal, reconnu par tous les employeurs du secteur, et souvent le premier critère de départ de rémunération entre un candidat qualifié et un profil junior sans capacité.
Se spécialiser rapidement sur un segment à forte valeur ajoutée (transport international, marchandises dangereuses, fret aérien, projets industriels) permet de sortir plus vite de la fourchette basse des salaires débutants. C’est une stratégie plus efficace que d’attendre l’ancienneté seule.
Développer un portefeuille clients solide constitue le véritable actif professionnel du commissionnaire, salarié comme indépendant : c’est ce qui justifie une négociation salariale sérieuse en entretien annuel, et c’est la condition sine qua non pour envisager l’indépendance plus tard.
Enfin, prendre des responsabilités d’encadrement (management d’une petite équipe, gestion d’une agence) reste la voie la plus directe vers les rémunérations hautes de la fourchette expérimentée identifiée par Hellowork, sans passer par la création d’une structure indépendante.
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Questions fréquentes
Quel est le salaire d’un commissionnaire de transport débutant ?
En début de carrière, la rémunération brute annuelle se situe généralement entre 22 405 € et 25 200 € selon Hellowork, ce qui correspond à la fourchette basse observée par France Travail sur les offres d’emploi actives (1 802 à 2 800 € brut mensuel).
Faut-il un diplôme pour devenir commissionnaire de transport ?
L’accès à la profession est conditionné par l’obtention d’une attestation de capacité professionnelle, obtenue après examen CCI ou par équivalence de diplôme. Retrouve le détail des conditions dans notre guide complet pour devenir commissionnaire de transport en 2026.
Ce métier recrute-t-il facilement ?
Oui : France Travail recensait 4 420 offres d’emploi déposées sur douze mois pour seulement 1 100 demandeurs d’emploi ayant recherché ce métier, et qualifie la difficulté de recrutement des entreprises de « faible ». Un marché favorable aux candidats qualifiés.
Pourquoi France Travail parle-t-il d’« affréteur » plutôt que de commissionnaire de transport ?
Dans le répertoire officiel des métiers (ROME), l’activité de commission de transport est rattachée à l’intitulé Affréteur / Affréteuse (code N1201), qui recouvre l’organisation et la gestion de transports de marchandises pour le compte de clients, tous modes confondus. C’est sous cet intitulé que sont publiées les statistiques officielles de salaire et de marché de l’emploi citées dans cet article.
Sources
- France Travail, fiche métier Affréteur / Affréteuse (N1201) — salaire, marché de l’emploi, données 1er trimestre 2026
- Hellowork, Salaire Commissionnaire de transport
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